Che Guevara : 40 ans après

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Exposition à l'abbaye de Stavelot
Jusqu'au 31 décembre 2007

EXPO-40-ans-apres-abbaye-stavelot.gifLe 9 octobre 1967, Che Guevara est assassiné en Bolivie. Pour commémorer le quarantième anniversaire de sa mort, l’abbaye de Stavelot accueille au sein de ses murs une belle exposition sur un des personnages clés du XXe siècle.

L’icône du « Che » a remplacé celle de l’homme. Curieusement, le destin de ce révolutionnaire est peu connu alors que s’affiche encore et toujours son image dans le monde entier. Cette exposition, racontant la destinée d’un médecin devenu révolutionnaire, permet de mieux cerner le personnage.

Jeune étudiant en médecine, Ernesto Guevara effectue en 1952 un voyage en Amérique latine avec son frère Alberto : il va bouleverser sa vie. De ce périple naîtra sa pensée révolutionnaire, suite à son contact direct avec la pauvreté des peuples. Pour lui, la lutte contre les inégalités sociales passera par la révolution et par les armes. Il se rend au Guatemala pour apprendre les réformes entreprises par le président Jacobo Argenz Guzman. Il est renversé par le Coup d’Etat formenté par la CIA, quelques mois plus tard... En 1955, au Mexique, il côtoie des exilés cubains dont Fidel Castro, étudiant en droit : une rencontre capitale. Le Che trouve en cet homme le dirigeant révolutionnaire inspiré. Il rejoint rapidement son mouvement et s’engage dans la lutte armée.

La Havane prend feu
Le 2 décembre 1956, Guevara embarque avec Castro et quatre-vingt-deux Guérilleros pour Cuba, alors dirigée d’une main de fer par le dictateur Batista. Sur une côte déserte, l’accostage est catastrophique : ils tombent dans une embuscade. Seule une vingtaine de combattants échappent au massacre. Ce fait préfigure une lutte à mort qui durera deux ans dans la Sierra Maestra entre les troupes de Batista et les révolutionnaires. Une guérilla qui est soutenue par les paysans locaux. Durant ces combats, on ne s’intéresse guère à un homme comme le « Che », sans arriver à le détester ou l’admirer. Détestable quand il se montre intraitable envers les traitres et admirable durant ces combats quand il soigne des blessés de l’armée régulière. L’ambiguïté du personnage alimentera longtemps les conversations des partisans et opposants au Che.

Cuba si !

Enfin ! Le jour de l’an 1959, Batista est déchu et s’enfuit. Un gouvernement révolutionnaire est mis en place. Guevara devient en 1961 ministre de l’Industrie. Un rôle qu’il prend à cœur lorsqu’il dénonce la politique étrangère des Etats-Unis dans des discours enflammés. Directeur ironique de la banque d’Etat, il signait les billets de son surnom « Che ».

S’opposant au rapprochement de Castro avec l’Union Soviétique, le Che se détache peu à peu de ce Cuba qui devient, au fil du despotisme de plus en plus manifeste de Castro, une nouvelle dictature. Il va combattre « sur d’autres terres du monde qui réclament mes modestes moyens ».


Tel un chat, Guevara apparaît et disparaît, meurt plus de sept fois. Il hante le Congo au tournant de son histoire, en pleine guerre d’indépendance. On l’aperçoit à nouveau en Amérique Latine.


En 1967, la mort le rattrape en Bolivie. Arrêté par l’armée régulière bolivienne qui est dirigée par la CIA et des officiers nord-américains, son sort est scellé. Il est abattu froidement. Il meurt dans ce village de Vallegrande, écrasé par la lourde et moite chaleur ; difficile d’accepter une mort si misérable pour une telle icône. En assassinant le Che, le message du « Guérillero Heroïco » a dépassé les frontières et les générations produisant l’effet inverse voulu par ses assassins. Si l’être de chair est mort dans ce bled de Bolivie, l’autre, ce Don Quichotte de la révolution qui croyait trop à la bonté des hommes, reste le symbole d’une nostalgie et de rêves perdus d’un monde plus juste.


L’expo
La vie du Che, personnage éminemment historique, fut passionnante. C’est l’objet et l’intérêt de cette exposition à l’Abbaye de Stavelot. Le mythe du Che ne doit pas estomper l’originalité de sa pensée politique. Le marxisme de Guevara est un humanisme révolutionnaire. Le but de la révolution socialiste est pour lui la création d’un homme nouveau, libéré de toutes les formes d’aliénation : une utopie qui s’interrompt à sa mort, en 1967, en Bolivie.

Le visiteur découvre, dans la salle des expositions temporaires, l’épopée de ce jeune médecin, devenu guérillero. Sa famille, ses voyages, ses rencontres et son parcours politique sont évoqués par des panneaux didactiques.

Des photos, léguées par le collectionneur, José Lambert et le Musée de la Photographie de Charleroi, présentent des tirages orignaux du photographe Korda et font preuve de documents historiques. Des affiches cubaines de cinéma et de propagande racontent l’histoire économique de Cuba. Caractérisées par leur graphisme minimaliste, elles usent de peu de couleur et la qualité du papier dépend de l’époque de leur impression. Signe de ces temps révolutionnaires, l’une d’elle représente le Christ portant une Kalachnikov…


Dans le cloître, l’exposition s’attarde sur l’exploitation de l’image du Che. On découvre aussi l’autre facette de cet homme, comme son goût pour la poésie ou ses idées sur la famille, la santé, l’éducation ou le terrorisme.


Dans la chapelle, le Cuba d’aujourd’hui est présenté avec une présentation de l’action de la région wallonne à La Havane (Casa Valonia) qui apporte le savoir-faire de nos artisans. Et de nos formateurs Enfin, quatorze peintres belges et étrangers évoquent le « Che », chacun à sa manière.



Infos pratiques
Jusqu’au 31 décembre 2007.
Entrée : 3
Ouvert tous les jours, de 10 à 18h
Tél : 00-32-80-88.08.78
Site Internet : CLIQUEZ ICI

Texte : présentation officielle de cette exposition

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